Officiels ou émanant d’opérateurs privés, les chiffres délivrés sur l’évolution des prix et des transactions ne refléteraient pas la réalité du marché. Tout serait en fait question de perception selon que l’on se place du côté du vendeur ou de l’acheteur…

Décidément, malgré les progrès techniques fait par les notaires – qui nous livrent désormais des chiffres bien plus frais puisque basés sur les avant-contrats -, leurs moyennes ont toujours du mal à refléter la réalité du marché immobilier. S’ils constatent que la baisse des prix dans l’ancien se confirme, elle n’atteint selon eux que 1,7 % entre septembre 2013 et septembre 2014 comparé à la même période un an plus tôt. « Mais si l’on corrige ce chiffre de l’inflation sur 3 ans, on atteindrait plutôt une baisse de 6 à 7% », précise Thierry Thomas, président de l’Institut Notarial de Droit Immobilier.

Une analyse du marché à géométrie variable

En fait, il semble qu’en matière d’immobilier, tout est question de perception. Comme le rappelle en effet Thierry Delesalle, notaire à Paris, « la baisse n’est pas perçue de la même façon par les vendeurs que par les acquéreurs ». Alors que les premiers voient s’envoler quelques milliers voire quelques dizaines de milliers d’euros, les seconds ne gagnent que quelques mètres carrés supplémentaires alors qu’ils voudraient s’offrir une pièce en plus. Ce qui explique peut-être l’attentisme des acquéreurs alors que les taux des crédits n’ont jamais été aussi bas et les négociations aussi importantes. Selon le dernier indice PAP, elles atteindraient en effet presque 5% du prix de vente. Soit, 15 000 euros pour un appartement à 300 000 euros par exemple.

Il en est de même pour les volumes. Alors que les agences disent qu’elles ne font plus de ventes, les chiffres, eux ne reflètent pas tout à fait la même chose. Sur l’ensemble de l’année 2014, il devrait en effet y avoir environ 725 000 transactions. Soit un chiffre en hausse de 5,4% par rapport à l’année dernière qui, il faut le reconnaître, était une année particulièrement mauvaise. Cependant, même si on compare ce chiffre à la période faste de 1999-2007, le recul n’est pas si important : -9,7%.

Virginie Franc Jacob
Source : votreargent.lexpress.fr