A peine un mois après sa mise en place, le dispositif d’encadrement des loyers dans la capitale soulève des interrogations qui pourraient se transformer en effets pervers que paieraient cher les locataires.

En place depuis un mois et demi maintenant, l’encadrement des loyers à Paris a déjà fait couler beaucoup d’encre : zonage mal défini, plafonds de loyers trop faibles, rentabilité en chute libre…

Les critiques à l’égard de cette mesure sont nombreuses. Fabrice Abraham, président du réseau d’agences Guy Hoquet préfère prendre son temps avant de juger : « le gouvernement a bien précisé qu’il s’agissait d’une expérimentation, et qu’il se donnait un an pour faire le point sur les bons et les mauvais côtés de cet encadrement », rappelle-t-il.

Les prochains calculs favorables aux propriétaires ?

Aujourd’hui, il craint surtout que la mesure fasse augmenter les loyers l’année prochaine : « Nos agences parisiennes ont beaucoup de mal à faire comprendre que le plafond de loyer, qui est 20% supérieur au loyer médian, est bel et bien un plafond, explique-t-il. Et plutôt que d’adapter leur loyer entre le loyer médian et ce plafond en fonction de l’état du bien ou de l’étage par exemple, ils demandent tous le loyer majoré. Résultat, l’année prochaine, lorsque l’OLAP calculera les loyers médians, ils risquent d’avoir fortement augmenté. »

Peu de risques à ne pas l’appliquer

Autre constat remontant de ses agences : certains propriétaires bailleurs viennent faire une estimation chez nous et estimant que le loyer est trop bas, décident finalement de louer par eux-mêmes, sans tenir compte de l’encadrement. Et il suffit d’aller jeter un œil sur des sites d’annonces entre particuliers pour voir qu’en effet, tous les propriétaires n’appliquent pas l’encadrement à la lettre. Exemple avec ce studio de 18 mètres carrés proposé à plus de 40 euros du mètre carré hors taxes dans le XVe arrondissement, alors que le loyer de référence majoré est de 31,1 euros du mètre carré.

« Contrairement aux agences, les propriétaires ne risquent rien à ne pas respecter les plafonds, déplore Fabrice Abraham. Sauf à ce que le locataire, après avoir signé le bail, saisisse la commission de conciliation. Et encore, dans ce cas, le seul risque est de devoir finalement baisser son loyer. »

Virginie Franc-Jacob
Source : votreargent.lexpress.fr