Dans son étude intitulée « Quelle reprise pour le secteur de la construction ? » publiée le 13 octobre 2015, Euler Hermes, spécialiste mondial de l’assurance-crédit, prévoit que le secteur du BTP connaîtra à nouveau un recul de son activité de – 1,6% en 2015. Cependant, le secteur semble avoir atteint son point bas et des signaux de reprise laissent entrevoir un possible redémarrage pour 2016.

Après sept ans de crise soutenue, le secteur de la construction pourrait connaître des jours meilleurs et ce, dès 2016. C’est en tout cas ce que prévoit la dernière étude réalisée par Euler Hermes sur le secteur du BTP.

Si en 2014, on annonçait que le secteur de la construction connaîtrait une baisse d’activité de – 3,6% en 2015, cette prédiction est tout autre pour 2016, puisque l’activité ne devrait diminuer que de – 1,6%, signe d’une possible hausse de l’activité de + 0,7% et une baisse graduelle des défaillances de – 2%.

Les signaux d’une reprise progressive

Les permis de construire se sont stabilisés à hauteur de 347 000 depuis avril 2015, ce qui laisse présager une reprise des mises en chantier pour 2016.

Le déficit de logements, l’amélioration du pouvoir d’achat et la plus grande accessibilité des ménages aux logements notamment dû à la baisse des prix, devraient avoir une conséquence positive sur le secteur. Les ventes de maison individuelle ont d’ailleurs augmenté de 6% en 2015.

Après trois ans de baisse, l’indice d’activité de la construction non résidentielle semble aussi être en progrès reprenant + 0,5% à fin juillet 2015.

Le projet du Grand Paris devrait aussi être source de croissance pour le secteur. Estimé à 26 milliards d’euros, le projet devrait créer des centaines de milliers d’emplois et ouvrir de nouveaux chantiers jusque 2030.

Les signes d’amélioration ne concernent malheureusement pas le secteur des Travaux Publics qui connaîtrait une baisse d’activité de – 0,5% en 2016. La situation s’explique en partie par le bas niveau des carnets de commande. En 2016, le secteur devrait bénéficier d’un plan de soutien mis en place par le gouvernement qui prévoit 500 millions d’euros pour les projets d’investissement prioritaires définis avec l’État et 500 millions d’euros pour les projets des petites et moyennes agglomérations.

Il faudra aussi attendre pour que la situation de l’emploi s’améliore. La reprise ne ferait que limiter les pertes nettes d’emplois. En 2015 et 2016 en chiffres cumulés, 79 000 emplois sont menacés.

Une sortie de crise risquée

La construction est l’un des secteurs qui dispose de moins de fonds propres. De nombreuses entreprises sont dépendantes à 60% de financements à court terme. La reprise de l’activité va pourtant nécessiter des capitaux pour « faire face aux investissements, assumer les besoins d’exploitation des entreprises et recruter » mais les différentes formes de financement comportent de nombreux aléas : fonds publics contraints par les déséquilibres budgétaires, évolution des taux d’intérêt, fonds d’investissement limités en durée, etc.

Enfin, la reprise va aussi générer des besoins de financement et de sécurisation des créances commerciales dont le poids représente 31% du total de bilan dans la construction.

La sécurisation du poste clients et la préservation des niveaux de marge seront les enjeux majeurs à la reprise durable du secteur.

Source : batiweb.com