L’efficacité des équipements de chauffage et de climatisation joue le rôle le plus important dans la performance énergétique d’un bâtiment, si on combine vieillissement du bâti et réchauffement climatique, selon une étude d’un groupe de chercheurs du projet européen Tribute. L’étude s’appuie sur l’exemple de la bibliothèque Italo Calvino de Turin.

Coordonné par le Centre Suisse d’Électronique et de Microtechnique (CSEM), le projet européen Tribute a débuté en octobre 2013 pour une durée de 4 ans. L’objectif du projet est de réduire l’écart entre les performances énergétiques réelles des bâtiments et les performances simulées.

En effet, aujourd’hui encore, des différences qui peuvent être importantes, sont constatées entre les prédictions données par les outils de simulations et les mesures de performances réalisées in situ. En améliorant les capacités prédictive d’un logiciel commercial existant, les chercheurs tentent de limiter ces écarts.

C’est dans ce cadre qu’ils se sont intéressés au cas particulier de la bibliothèque Italo Calvino de Turin. Ces travaux, coordonnés par l’Institut de Recherche en Énergie de Catalogne, avaient pour but d’étudier l’impact du changement climatique et du vieillissement du bâtiment sur l’évolution de ses performances énergétiques, sur les cinquante prochaines années.

Pour ce faire, les chercheurs ont considéré différentes hypothèses d’évolution du climat et des performances de l’enveloppe de ce bâtiment et de ses équipements et ils ont réalisé les simulations énergétiques correspondantes avec le logiciel IDA-ICE. TBC Innovations dans ces travaux avait pour rôle d’étudier l’influence des paramètres de vieillissement du bâtiment et des équipements.

Quels résultats ?

L’étude a démontré que le réchauffement climatique a un impact plus fort en hiver qu’en été sur les consommations d’énergie, et que cet impact est plutôt positif. En effet, « la diminution des besoins de chauffage est plus importante que l’augmentation des besoins de refroidissement », relève l’étude.

Ensuite, si on combine deux paramètres « réchauffement climatique » et « vieillissement du bâtiment », les pertes de performance des équipements sont ceux qui ont le plus d’influence sur le comportement énergétique du bâtiment.

« D’une part la baisse d’efficacité de refroidissement induit une hausse de consommation, d’autant plus forte que le climat est de plus en plus chaud, et d’autre part, la dégradation de l’efficacité du système de chauffage ne permet pas d’obtenir les diminutions de consommation de chauffage escomptées », souligne l’étude.

Ainsi, parmi tous les paramètres étudiés, c’est « l’efficacité des équipements de chauffage et climatisation qui joue le rôle le plus important dans la performance énergétique du bâtiment au fil du temps », selon les chercheurs.

Rénovation et modernisation

Les chercheurs ne se sont pas arrêtés à ces constats et ont voulu tester différentes solutions visant à atténuer l’effet du réchauffement climatique et à maintenir une performance énergétique élevée.

Dans l’hypothèse réaliste d’un changement des équipements et d’une rénovation de l’enveloppe sur 30 ans, cela permettrait potentiellement d’économiser 87,3 % de la consommation de climatisation par rapport à la consommation initiale du bâtiment.
« En combinant l’hypothèse du changement climatique et le vieillissement du bâti, on obtient un aperçu plus réaliste de l’évolution d’un bâtiment construit. Cela nous a également permis de voir le poids de chaque processus, la manière dont ils affectent le bâtiment, et l’échelle de temps », détaille l’étude dans ses conclusions.

Le bon entretien de l’infrastructure et de ses équipements, avec si possible une modernisation ou une rénovation, est « vital pour l’efficacité et le confort du bâtiment dans un contexte futur de réchauffement climatique », concluent les chercheurs.

Source : batiweb.com