Crédits immobiliers : le printemps sourit aux emprunteurs

[01/04/2016 17h16]
Danièle Guinot

Les taux des crédits immobiliers sont au plus bas : ils se négocient à moins de 2 % sur toutes les durées. Attention toutefois à ne pas négliger l’assurance-emprunteur.

La période est extrêmement favorable aux emprunteurs. Depuis novembre 2015, les taux des crédits immobiliers baissent. Et cette tendance s’est accélérée ces derniers mois. « Les banques, qui ont dû faire face à un très mauvais début d’année, font d’importants efforts pour attirer les emprunteurs et atteindre les objectifs ambitieux de crédit immobilier qu’elles se sont fixés pour 2016« ,
explique Cécile Roquelaure, directrice des études chez Empruntis. Ces efforts commerciaux sont favorisés par les taux d’intérêt très bas (voire négatifs sur certaines durées), rendant l’argent très bon marché. Cette tendance est partie pour durer, grâce à la politique monétaire mise en place par la Banque centrale européenne (BCE). Résultat, les taux des emprunts immobiliers sont encore plus bas que lors du précédent record historique de mai 2015.
Les crédits sur 15 ans se négocient en moyenne à 1,9% (hors assurance), ceux sur 20 ans à 2,14% et ceux sur 25 ans à 2,40%, selon le courtier Meilleurtaux.com. Il est désormais possible d’emprunter sur toutes les durées à moins de 2%! « Les emprunteurs gagnant au moins entre 70.000 et 100.000 € net par an et dont le montant de l’apport représente environ la moitié du prix d’achat, peuvent souvent obtenir des prêts sur 20 ans inférieurs à 1,5% pour financer l’achat d’une résidence principale« , note Ludovic Huzieux, directeur associé d’Artémis Courtage. Au rythme où vont les choses, ce dernier se demande si « les taux d’un crédit sur 20 ans tomberont à 1% avant la fin de l’année« . Ce qui paraît tout de même peu probable aujourd’hui.

« La baisse des taux a permis d’augmenter la capacité d’emprunt des particuliers de 12 % en deux ans »
Hervé Hatt, président de Meilleurtaux=

Alors que les prix de la pierre se sont stabilisés dans la plupart des régions, le gain de pouvoir d’achat est important. « La baisse des taux a permis d’augmenter la capacité d’emprunt des particuliers de 12 % en deux ans« , souligne Hervé Hatt, président de Meilleurtaux. Et bien plus sur une plus longue période. « Pour une mensualité de 1000 € sur 20 ans, on peut emprunter près de 22% de plus qu’en janvier 2012, quand le taux fixe moyen était de 4,05 %. Et, sur la durée, le prêt coûtera 35.606 € de moins« , calcule Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Tous les emprunteurs profitent de cette donne favorable, y compris les primo-accédants, dont un certain nombre s’appuient sur le nouveau prêt à taux zéro (PTZ), plus généreux et plus souple pour boucler leur financement.
Les emprunteurs qui se focalisent sur le taux de leur crédit immobilier négligent souvent l’assurance-emprunteur (couverture décès, maladie, accident, voire chômage), dont le poids n’est pourtant pas insignifiant. La plupart du temps, ils optent pour le contrat de groupe mis en avant par l’établissement prêteur. Pourtant, la différence de tarif entre deux assurances concurrentes peut être
importante. « Elle peut atteindre plus de 5000 € pour un crédit de 150.000 € et près de 8000 € pour un emprunt de 180.000 €, selon le profil des emprunteurs« , selon une étude de Meilleurtaux. Un gain qui mérite réflexion.
Les jeunes, les non-fumeurs et les cadres sont ceux qui ont le plus intérêt à souscrire une assurance-emprunteur autre que celle de leur banque. Ainsi, une personne de moins de 35 ans empruntant 200.000 € sur 20 ans paiera 0,36 % du capital emprunté (14.400 € au total) dans sa banque, et seulement 0,10 % auprès d’un assureur autre (4000 € au total), calcule Meilleurtaux. Les personnes souffrant d’une pathologie importante ont aussi intérêt à opter pour la délégation d’assurance.
A contrario, les plus de 50 ans en bonne santé (et non fumeurs) sont mieux traités par les contrats de groupe, estime Cécile Roquelaure. « Pour un prêt de 200.000 € sur 15 ans, une personne de 55 ans économisera au mieux 1400 € sur la durée du prêt. Mais, parfois, l’assurance individuelle coûte plus cher« , souligne-t-elle.

« Les plus de 50 ans en bonne santé (et non fumeurs) sont mieux traités par les contrats de groupe »
Cécile Roquelaure, directrice des études chez Empruntis

Depuis juillet 2014 et l’entrée en vigueur de la loi Hamon, tout emprunteur peut résilier son contrat d’assurance dans l’année suivant la signature de l’accord de crédit. Et ceci, qu’il ait souscrit ce contrat auprès de la banque prêteuse ou auprès d’un assureur. Mais cette possibilité, qui reste méconnue, n’est pas vraiment mise à profit par les emprunteurs.

Source : lefigaro.fr