Immobilier, assurance-vie, Bourse… Quel sera le placement gagnant de 2016?
|15-04-2016 07h24]
Eric Tréguier

La dernière étude que le courtier en prêts immobiliers Meilleurtaux a menée avec le cabinet d’études Asterès, et que nous vous livrons en avant-première, confirme la préférence des Français pour la pierre.

« Damnés Français !« , comme disent nos cousins Canadiens: ils ne vont jamais où on veut les mener. Le gouvernement voudrait les voir quitter leur havre fiscal préféré, l’assurance-vie (1.600 milliards d’euros d’encours, l’équivalent de huit mois de PIB français), pour aller sur les marchés actions. Mais ils se font tirer l’oreille et vont chercher la performance ailleurs. Notamment dans l’immobilier. Le Crédit Foncier, dans une étude publiée en mars dernier, avait demandé à des Français désireux de se constituer une épargne quel serait leur placement préféré. 57% avaient choisi l’immobilier, largement devant l’assurance-vie (24%), et surtout les livrets d’épargne réglementée (14%) et la Bourse (10%). Les Français choisissent donc la pierre. Mais ont-ils vraiment le choix?

Revue de détail…

La dernière étude que le courtier en prêts immobiliers Meilleurtaux a menée avec le cabinet d’études Asterès, et que nous vous livrons en avant-première, confirme totalement cette préférence des Français pour la Pierre. Les économistes d’Asterès ont en effet passé en revue tous les placements disponibles pour savoir ceux sur lequel il sera bon d’être placé cette année. La réponse est en quelque sorte une réponse par défaut, générée par un environnement financier totalement nouveau qui a remodelé nos perspectives. En abaissant, par son action continuelle, les taux d’intérêt, la Banque centrale européenne a bouleversé la hiérarchie traditionnelle des placements et suscité de nouveaux mouvements d’épargne. Voyons donc ce que donneront les quatre catégories de placements favoris des Français.

Les Livrets ne servent plus à grand chose

Depuis août 2015, le livret A ne rapporte plus que 0,75% par an. Cela devrait être pire, prévient l’économiste Nicolas Bouzou, d’Asterès, car le gouvernement l’a surévalué de 0,25% « par rapport à ce qu’il devrait être compte tenu d’une inflation quasi-nulle et de taux interbancaire négatifs« . L’addition, pour les ménages, est salée. Pour le comprendre, calculons ensemble ce que gagnaient il y a
par exemple trois ans, un jeune isolé et une famille de 4 personnes en cumulant plusieurs livrets défiscalisés. Et ce qu’ils en tirent aujourd’hui. Attention: ça fait mal !

Notre jeune adulte aurait donc rempli son Livret A, son LDD (Livret de développement durable) et son Livret Jeunes. Soit 36.500 euros investis. Il aurait touché 836 euros d’intérêts en 2013. Il n’en touchera que 354 cette année. Pour la famille, qui a immobilisé 119.000 euros sur quatre Livrets A, quatre LDD et deux Livrets Jeunes, c’est à peine mieux. Elle aurait touché 2.130 euros d’intérêt il y a trois ans. Elle ne touchera plus cette année que 1.072 euros! La rentabilité des bons vieux livrets d’épargne a donc plongé de 50% à 60% selon les cas… Cela explique la fuite des capitaux.
Les sorties sur les Livrets sont massives. Mais s’arrêtent souvent au compte courant, qui lui déborde. En un peu plus de douze mois, leur encours, note la Banque de France « a doublé! » : c’est qu’il n’y a pas beaucoup mieux ailleurs! Il n’y a pas beaucoup à espérer, notamment, du coté de la Bourse et de l’assurance-vie…

La Bourse a perdu 20% en moins d’un an

Depuis son pic d’Avril 2015, la Bourse de Paris a en effet perdu… 19%. Pour les particuliers, dont le (maigre) portefeuille se relevait tout juste de la crise boursière de 2008 et de 2011, c’est une nouvelle douche froide. Et les espoirs de se refaire sont faibles : « Pour 2016, la croissance ralentie dans les pays émergents, la reprise molle dans les pays avancés et les risques géopolitiques
enlèvent toute visibilité« , estime Hervé Hatt, Président de Meilleurtaux.com.

L’assurance-vie bat de l’aile

« La BCE m’a tuer! » pourra écrire l’assurance-vie, aux rendement assassinés par la politique de taux bas de la Banque centrale européenne. Le rendement moyen des contrats en euros est tombé à 2,5% en 2015, soit une baisse de 0,3 point par rapport à 2014. C’est encore pire pour les contrats des grands groupes banques (1,80% à 2,30%) qui n’ont pas besoin de faire d’effort pour attirer le client,
qui fréquente déjà leurs agences… Et cela ne va pas s’arranger: il faut s’attendre pour le cru 2016, à des taux encore plus bas, fraisant pour les contrats bancaires, les 1,5%. C’est normal, explique Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com : « les assureurs placent les montants collectés dans des obligations d’État et d’entreprises qui offrent aujourd’hui des taux très faibles« . Là encore, c’est donc la déception. Surtout que les contrats d’assurance vie sont –à l’origine- destinés à aider à préparer et donc à améliorer la retraite. Or lorsque le taux d’un placement passe de 5% à 3%, un ménage de 35 ans qui veut épargner jusqu’à sa retraite doit faire un effort d’épargne trois fois supérieur pour obtenir, à terme, le même complément de revenu.
Décourageant, non?

L’immobilier, unique source de rentabilité forte

Reste la pierre. Il y a quelques années, lorsque l’assurance-vie rapportait 5%, que la Bourse était flamboyante et que les livrets rapportaient deux fois l’inflation, elle paraissait presque ringarde. Aujourd’hui, son rendement n’a quasiment pas bougé. Mais comme celui des autres placements s’est effondré, elle paraît soudain plus pimpante. Bien qu’elle ait diminué d’un tiers depuis
2000, la rentabilité locative actuelle atteint 6% en moyenne brute pour l’ensemble de la France. Avec des creux (comme Paris, où le rendement, pour certains propriétaires peut être négatif) et des pics de rendement, même dans des grandes villes. Dans l’immobilier locatif ancien, des villes comme Montpellier, Strasbourg et Marseille rapportent plus de 6% par an brut aux investisseurs. Le rendement peut même dépasser 7% dans des villes plus petites, et, qui demandent sans doute une meilleure connaissance de la part des propriétaires, comme Saint-Étienne, Brest, Nîmes et Limoges…
Enfin, financé à crédit, l’investissement locatif dans l’ancien, qui mobilise ainsi moins d’épargne, fait gagner encore un à un point et demi de rentabilité: l’immobilier, c’est, aujourd’hui, le dernier endroit où l’on peut encore parler rendement… Et c’est le grand vainqueur de cette hit-parade 2016 des placements!

Source : challenges.fr