Encadrement des loyers: un bilan plus qu’en demi-teinte à Paris

[01-07-2016 14h52]
Eric Tréguier

Si la loi ALUR a permis de ralentir la progression des loyers à Paris, son bilan s’avère plutôt mitigé. Les investisseurs ont fui la capitale et trop peu de locataires osent dénoncer leurs propriétaires récalcitrants.

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a annoncé jeudi 30 juin au matin l’extension, à partir de 2018, de l’encadrement des loyers, actuellement en vigueur à Paris, à 400 communes de la première couronne parisienne. A un mois du premier anniversaire de la mise en place de la mesure dans la capitale, il est temps de tirer un bilan. Un bilan qui s’avère plutôt mitigé…

Pourtant, sur le papier, c’est gagné: l’encadrement des loyers a permis de limiter la hausse du prix des locations à Paris, affirme l’OLAP (Observatoire les loyers de l’agglomération parisienne), qui souligne que l’encadrement à accentué la « décélération » des loyers dans la capitale. L’an dernier, ceux-ci n’ont augmenté en effet que de 0,3% et la hausse moyenne appliquée lors de l’arrivée
d’un nouveau locataire n’est que de 0,8%. Pari gagné, donc… Mais seulement en apparence, car, dans les communes de la périphérie parisienne, dans lesquelles n’était pas appliqué l’encadrement, les loyers lors des relocations n’ont progressé que de …0,2%. Soit quatre fois moins vite que dans la capitale! Selon Clameur, un organisme qui regroupe les principaux bailleurs, l’an dernier, les
loyers baissaient ou stagnaient dans 16 des 20 principales villes de France. En réalité, l’encadrement, mesure avant tout politique (et promesse n°22 du candidat Hollande), est arrivée après la flambée des années 2000-2012. De plus, c’est une disposition dont on mesure assez peu l’impact à long terme.

Source : challenges.fr