Non, vous n’échapperez pas à la hausse de votre taxe foncière
[07/07/2016 10:18]

Robin Massonnaud

Les propriétaires ne sont pas à la fête cette année. Les départements augmentent la taxe sur les propriétés bâties pour faire face à leurs dépenses sociales.

C’est presque devenu une fatalité. Après les élections municipales, les impôts locaux repartent à la hausse. Ce fut le cas en 2015, et la tendance se poursuit cette année, aggravée par la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales. Pour la taxe foncière sur les propriétés bâties, l’augmentation des taux votés par les communes, qui pèsent pour 60 % de la note finale, est restée assez sage. Selon l’Observatoire SFL-Forum pour la gestion des villes, elle est en moyenne de 1 % dans les grandes villes et leurs groupements. Certaines sont
pourtant gourmandes, comme Nantes et Saint-Denis.

Plus de 5 % en moyenne

Dans les départements, c’est une autre paire de manches. Outre la chute des subventions de L’État, ils sont financièrement étranglés par l’explosion des dépenses sociales. La part départementale de la taxe foncière, qui représente 40 % du total de cet impôt, augmente en moyenne de 5,2 % en 2016. Certains conseils généraux ont eu la main très lourde. C’est surtout le cas en Ile-de-France. Dans les Yvelines, la hausse est ainsi de 66 %, ce qui, selon l’Observatoire, représente une majoration de taxe foncière moyenne par foyer de 125 euros. Dans le Val-d’Oise, elle est de 29,7 % et de 29 % dans l’Essonne. En outre, le Parlement a, comme tous les ans, relevé les valeurs cadastrales servant de base à l’application des taux de taxation communaux et départementaux. En tablant sur une inflation de 0,1 % pour 2016, il a augmenté ces valeurs de 1,01 %. Ces éléments, les taux et la valeur cadastrale se cumulant, il faut s’attendre à de mauvaises surprises.

Pas de répit en vue

Malheureusement pour le contribuable, une stabilisation est peu probable pour les années à venir. Même si les dotations de l’État baisseront moitié moins que prévu en 2017, de 1 milliard au lieu de 2, comme l’a promis le Président Hollande lors du Congrès des maires de France en juin dernier. Rien n’enrayera cette tendance inexorable, surtout si le Gouvernement se décide à mettre en œuvre sa réforme des valeurs cadastrales. Lesquelles, basées sur des données périmées et donc sous-évaluées, devraient être remplacées par la valeur locative réelle des biens. Non seulement, il y aura une véritable explosion de la taxe foncière sur les propriétés bâties, mais aussi de la taxe d’habitation.
Source : votreargent.lexpress.fr