Pourquoi le logement est devenu un fardeau pour les classes moyennes

[31/03/2017 09h27]

Une fois pris en compte le logement et les dépenses annexes (chauffage, électricité, …), le taux d’effort immobilier des ménages n’a cessé de progresser depuis le début des années 2000. Décryptage de notre partenaire Xerfi Canal.

Se loger coûte cher. De plus en plus cher. Pour 38% des Français, les dépenses consacrées au logement sont ainsi devenues trop lourdes, d’après un sondage réalisé par Elabe. En d’autres termes, c’est une charge à laquelle certains ménages ont parfois du mal à faire face. Ce qui confirme bien que l’alourdissement du budget logement est de plus en plus mal vécu par une part croissante de la population, notamment les classes moyennes.

Mais comment pourrait-il en être autrement ? En douze ans seulement, les prix des logements se sont envolés de 36% dans l’ancien et de 42% dans le neuf. Les loyers ont suivi la même trajectoire avec, notamment en région parisienne, une hausse de 46% à Paris et de 35% environ en banlieue. Cette envolée des prix de l’immobilier ne serait bien sûr pas un problème si les revenus des ménages
avaient suivi la même trajectoire. Or, le revenu disponible brut ajusté par unité de consommation, c’est-à-dire en intégrant les évolutions démographiques et la composition des familles, a seulement progressé de 22%.

Et encore, ces données rendent compte de la réalité seulement en partie. Outre le coût stricto sensu du logement, il faut aussi compter l’ensemble des frais liés : dépenses en eau, chauffage, taxe d’habitation, charges de copropriété, etc. Des frais qui ont rapidement pris de l’embonpoint ces dernières années. Bilan : le taux d’effort net en logement, soit le rapport entre les dépenses liées à l’habitation principale et les revenus moyens des ménages nets des aides au logement, est passé de 16% au début des années 2000 à environ 18,5% aujourd’hui. Cela n’a l’air de rien mais en bout de course c’est près de 190 euros à payer en plus chaque mois.

Source : challenges.fr